ParcoursIran : aux sources d'une civilisation
Iran : aux sources d'une civilisation

Iran : aux sources d'une civilisation

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Mode virtuel7 étapes

De Persépolis aux bazars de Téhéran, partez à la découverte d'un pays aux mille visages. Entre empires légendaires, poésie immortelle et révolutions modernes, l'Iran n'a pas fini de vous surprendre.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Suse, la plus vieille ville du monde

    Fondée il y a environ 7 000 ans, Suse (aujourd'hui Shush, dans le sud-ouest de l'Iran) est l'une des premières villes de l'histoire humaine. Elle fut la capitale des Élamites, un peuple fascinant qui développa l'une des premières formes d'écriture au monde avant les Sumériens. C'est à Suse que fut découvert le célèbre Code de Hammurabi, la plus ancienne compilation de lois connue, gravée sur une stèle de basalte. La ville passa ensuite aux mains des Perses achéménides, qui en firent l'une de leurs capitales d'hiver. Aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, Suse est un symbole de la profondeur de la civilisation iranienne.

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    Persépolis, la gloire achéménide

    Au VIe siècle av. J.-C., le roi perse Darius Ier entreprit la construction d'une cité monumentale : Persépolis, la « Ville des Perses ». Cette capitale cérémonielle de l'empire achéménide était conçue pour impressionner les délégations venues de tout le monde connu : Égyptiens, Babyloniens, Indiens, Éthiopiens venaient y porter leurs tributs. Ses reliefs sculptés, ses colonnes colossales et son escalier monumental en font l'un des plus grands chefs-d'œuvre de l'architecture antique. En 330 av. J.-C., Alexandre le Grand s'en empara et, selon les sources, fit brûler le palais lors d'une nuit de fête : acte politique ou excès bachique, le débat historique reste ouvert. Ses ruines, classées à l'UNESCO, sont situées près de la ville de Shiraz, dans le sud de l'Iran.

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    Omar Khayyam et la poésie persane

    Omar Khayyam, né à Nichapour vers 1048, est l'une des figures les plus paradoxales de l'histoire intellectuelle : mathématicien de génie, astronome réformateur du calendrier et poète libertin. Ses Robâ'iyât (Quatrains) célèbrent le vin, la rose, l'amour et l'acceptation sereine de la mort, dans une langue d'une finesse redoutable. Traduits en anglais au XIXe siècle par Edward FitzGerald, ses poèmes devinrent un phénomène mondial et inspirèrent des générations d'écrivains occidentaux. Mais la poésie persane ne s'arrête pas à Khayyam : Rumi, Hafez et Saadi forment avec lui un panthéon littéraire que les Iraniens récitent encore de mémoire aujourd'hui. Nichapour, sa ville natale dans le nord-est de l'Iran, abrite son mausolée, lieu de pèlerinage pour les amoureux de poésie du monde entier.

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    Ispahan, joyau de l'empire safavide

    Au XVIe siècle, le shah Abbas Ier décida de faire d'Ispahan la capitale de l'empire safavide et de la transformer en l'une des plus belles villes du monde. Son grand projet : la place Naqsh-e Jahan, l'une des plus grandes places du monde (512 mètres sur 160), entourée de la mosquée du Shah, de la mosquée du Sheikh Lotfollah, du palais Ali Qapu et du Grand Bazar. L'empire safavide joua un rôle décisif dans l'histoire de l'islam : c'est lui qui imposa le chiisme comme religion d'État en Iran, une décision qui façonne encore la géopolitique de la région. Ispahan était aussi un carrefour commercial où Arméniens, Juifs, Européens et marchands asiatiques cohabitaient dans des quartiers distincts. Les voyageurs européens de l'époque répétaient unanimement : « Ispahan est la moitié du monde ».

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    Mossadegh et le pétrole nationalisé

    En 1951, le Premier ministre iranien Mohammad Mossadegh accomplit un acte politique retentissant : il nationalisa le pétrole iranien, alors exploité par la compagnie anglo-iranienne (future BP) au profit presque exclusif du Royaume-Uni. Désigné « Homme de l'année » par le magazine Time en 1951, Mossadegh devint un symbole mondial de la résistance aux puissances coloniales. La réaction ne se fit pas attendre : en 1953, les services secrets américains (CIA) et britanniques (MI6) orchestrèrent un coup d'État qui renversa Mossadegh et rétablit le pouvoir du Shah Mohammad Reza Pahlavi. Cet événement, connu sous le nom d'opération Ajax, laissa une blessure profonde dans la mémoire iranienne et alimenta pendant des décennies le sentiment antioccidental. Les États-Unis n'ont officiellement reconnu leur rôle dans ce coup d'État qu'en 2013.

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    La Révolution de 1979

    En janvier 1979, le Shah Mohammad Reza Pahlavi quitta l'Iran sous la pression d'une révolution populaire d'une ampleur sans précédent. Quelques semaines plus tard, l'ayatollah Ruhollah Khomeini rentra d'exil à Téhéran accueilli par des millions de personnes, et proclama la République islamique d'Iran. Ce changement de régime fut l'un des événements géopolitiques majeurs du XXe siècle : il transforma radicalement la politique régionale, les relations internationales et la place de l'islam dans la gouvernance d'un État moderne. La révolution fut suivie de la prise d'otages de l'ambassade américaine (444 jours de crise), puis de la guerre Iran-Irak (1980-1988), l'un des conflits les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale. Aujourd'hui encore, les conséquences de cette révolution continuent de façonner le Moyen-Orient.

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    Le cinéma iranien, une voix dans le monde

    Depuis les années 1980, l'Iran a produit certains des films les plus récompensés de l'histoire du cinéma mondial, malgré des conditions de production sous haute surveillance. Abbas Kiarostami, Asghar Farhadi, Jafar Panahi : ces réalisateurs ont obtenu la Palme d'or à Cannes, l'Oscar du meilleur film étranger et le Lion d'or à Venise, des distinctions rarissimes pour un seul pays. Le cinéma iranien se distingue par sa capacité à dire l'essentiel avec peu de moyens : regards d'enfants, huis clos domestiques, silences chargés de sens. Jafar Panahi, condamné par le gouvernement iranien à ne plus réaliser de films, continue de tourner clandestinement et de faire parvenir ses œuvres à l'étranger, dissimulées dans des clés USB. Ce paradoxe fascinant, une création artistique mondiale née sous la contrainte, fait du cinéma iranien l'un des phénomènes culturels les plus singuliers du XXe et du XXIe siècle.

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