ParcoursMaurice Ravel, l'horloger du son
Maurice Ravel, l'horloger du son

Maurice Ravel, l'horloger du son

compositeur françaisPays BasqueMusique classiqueportraitEuropela mainrythme
Mode virtuel7 étapes

Partez sur les traces du plus élégant des compositeurs français, de la Côte Basque à Paris, et jusqu'aux États-Unis. Un voyage entre perfection et mystère.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Ciboure, la naissance basque

    Le 7 mars 1875, Maurice Ravel naît à Ciboure, un petit village du Pays Basque français, de l'autre côté du pont qui le sépare de Saint-Jean-de-Luz. Sa mère, Marie Delouart, est d'origine basque, une racine culturelle que Ravel portera toute sa vie dans sa musique. Son père, Joseph Ravel, est un ingénieur suisse passionné de mécanique et de gadgets, ce qui explique peut-être l'amour du fils pour les structures précises et les mécanismes sonores. La famille déménage à Paris dès l'année suivante, mais Ravel ne reniera jamais ses origines : le Pays Basque et sa culture restent une source d'inspiration profonde, perceptible dans ses œuvres à résonance ibérique.

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    Paris et le Conservatoire

    À six ans, le petit Maurice prend ses premières leçons de piano à Paris. En 1889, à 14 ans, il entre au Conservatoire national de musique de Paris, l'institution la plus prestigieuse de France. Mais son chemin n'y sera pas simple : brillant mais anticonformiste, il échoue à plusieurs reprises au Prix de Rome, le concours qui consacrait les jeunes compositeurs. Il tente cinq fois entre 1900 et 1905, sans jamais l'obtenir. Ce scandale révolte l'opinion publique et provoque même la démission du directeur du Conservatoire. Ironie de l'histoire : les lauréats oubliés du Prix de Rome cette année-là ne sont plus dans aucune mémoire, tandis que Ravel est joué partout dans le monde.

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    Les Apaches et l'avant-garde

    À Paris au tournant du XXe siècle, Ravel fréquente un groupe d'artistes et intellectuels d'avant-garde qui se baptisent eux-mêmes les « Apaches », une bande de passionnés de modernité qui se réunissent chaque semaine pour écouter de la musique, débattre, et se nourrir des nouvelles idées venues de partout. On y croise des compositeurs comme Manuel de Falla, des poètes, des peintres. C'est dans ce bouillonnement créatif que Ravel forge son esthétique : un mélange de clarté française, d'influence espagnole et de fascination pour le jazz naissant. Ces années parisiennes donnent naissance à des chefs-d'œuvre comme les Histoires naturelles ou la Sonatine pour piano.

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    Montfort-l'Amaury, le sanctuaire

    En 1921, Ravel s'installe dans une maison à Montfort-l'Amaury, un village médiéval perché à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Paris. Il baptise cette petite demeure « Le Belvédère » et y vivra jusqu'à sa mort. La maison est à son image : minuscule, méticuleusement agencée, remplie de mécanismes, de jouets automates, d'objets japonais et de miniatures précieuses. C'est là que naissent le Boléro (1928), les deux concertos pour piano (1929–1932) et Don Quichotte à Dulcinée (1932–1933). Ravel aimait sa solitude mais recevait aussi ses amis : il cuisinait lui-même et adorait les chats. Aujourd'hui, la maison est un musée.

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    Le Boléro, une machine sonore

    En 1928, la danseuse Ida Rubinstein commande à Ravel un ballet. Il livre quelque chose d'absolument unique dans l'histoire de la musique : le Boléro. Une seule mélodie, répétée dix-huit fois de suite sur un rythme de tambour implacable, avec pour seule évolution le crescendo orchestral et la variation des timbres. Ravel lui-même la qualifiait d'« expérience orchestrale sans musique », et s'étonnait sincèrement de son succès. L'œuvre fut créée à l'Opéra de Paris le 22 novembre 1928 avec une chorégraphie d'Ida Rubinstein. Aujourd'hui, le Boléro est l'une des œuvres classiques les plus jouées et les plus reproduites au monde, et l'une des plus lucratives en droits d'auteur.

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    La tournée américaine de 1928

    La même année que le Boléro, Ravel entreprend une tournée triomphale de quatre mois aux États-Unis et au Canada. Il y est accueilli comme une rock star : salles combles, ovations debout, réceptions chez les plus grands mécènes. À New York, il rencontre George Gershwin, qui lui demande de le prendre comme élève. Ravel décline avec humour : « Pourquoi être un Ravel de seconde zone quand vous êtes un Gershwin de première ? » Durant ce voyage, Ravel tombe amoureux du jazz, il fréquente les clubs de Harlem, découvre les musiques afro-américaines et en ramène une fascination qui marquera ses deux Concertos pour piano (1931-1932).

  7. 7

    La maladie et le silence final

    À partir de 1933, Ravel commence à présenter des symptômes étranges : il oublie les mots, ne peut plus écrire ni lire la musique, perd la coordination de ses gestes. On lui diagnostique une atrophie cérébrale progressive, peut-être la maladie de Pick, une forme rare de dégénérescence frontale. Lui qui composait avec la précision d'un horloger se retrouve incapable de fixer une seule note sur le papier. La musique est encore là, dans sa tête, il l'entend, mais il ne peut plus la transmettre. En décembre 1937, une opération chirurgicale tentée en dernier recours tourne mal. Ravel meurt le 28 décembre 1937, à 62 ans, sans avoir pu livrer les œuvres qui s'agitaient encore en lui.

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En quelle année le Boléro de Ravel fut-il créé à l'Opéra de Paris ?

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