ParcoursSaint Augustin, chercheur d'absolu
Saint Augustin, chercheur d'absolu

Saint Augustin, chercheur d'absolu

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Mode virtuel7 étapes

De Carthage à Milan, d'une jeunesse dissolue à la plus grande pensée chrétienne d'Occident, suivez Augustin dans sa quête de vérité.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Thagaste, l'enfance numide

    Augustin naît le 13 novembre 354 à Thagaste, une petite ville de Numidie, l'actuelle Souk Ahras, en Algérie. Son père Patricius est un modeste fonctionnaire romain, encore païen ; sa mère Monique est une chrétienne fervente dont l'influence ne le quittera jamais. Dès l'enfance, Augustin montre une intelligence vive et un appétit insatiable pour la connaissance. Mais Thagaste est trop petite pour ses ambitions : il sera envoyé étudier à Madaure, puis à Carthage, la grande métropole africaine. Toute sa vie, il portera en lui cette tension entre ses deux héritages, la culture classique romaine et la foi maternelle.

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    Carthage : la ville des tentations

    À dix-sept ans, Augustin arrive à Carthage pour y étudier la rhétorique. Il y découvre la ville la plus brillante et la plus dissolue d'Afrique du Nord, et il s'y jette à corps perdu. Il prend une maîtresse avec laquelle il vivra quinze ans et dont il aura un fils, Adéodat. C'est aussi à Carthage qu'il lit, à dix-neuf ans, le dialogue *Hortensius* de Cicéron, un texte aujourd'hui perdu, qui allume en lui une soif de sagesse qu'il ne pourra plus éteindre. Dans ses *Confessions*, il écrira cette prière célèbre qui résume toute sa jeunesse : *'Seigneur, rends-moi chaste, mais pas encore.'*

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    Milan : la conversion

    En 384, Augustin obtient le poste prestigieux de professeur de rhétorique à Milan, alors résidence impériale et véritable capitale de l'Occident romain. Il y rencontre l'évêque Ambroise, orateur hors pair, dont les sermons l'éblouissent d'abord sur le plan intellectuel avant de toucher autre chose. Après des années d'errance manichéenne et sceptique, Augustin vit au printemps 386 une crise mystique intense dans un jardin : il entend une voix enfantine répéter *'Tolle, lege'*, 'Prends, lis'. Il ouvre l'épître de Paul aux Romains au hasard, tombe sur un passage qui brise ses dernières résistances, et tout bascule. La nuit de Pâques 387, il est baptisé par Ambroise.

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    Les Confessions : s'inventer nu

    De retour en Afrique du Nord, Augustin rédige entre 397 et 401 un texte sans précédent dans la littérature antique : les *Confessions*. Ce n'est pas une autobiographie au sens moderne, c'est une longue prière adressée à Dieu, dans laquelle Augustin raconte sa vie avec une honnêteté radicale, ses péchés, ses erreurs intellectuelles, ses deuils. L'œuvre invente quelque chose de nouveau : l'introspection comme forme littéraire. Augustin ne se justifie pas, il se regarde en face. Les *Confessions* comptent treize livres, et les quatre derniers s'arrachent soudainement du récit personnel pour plonger dans une méditation sur le temps, la mémoire et la création du monde, vertigineux. Ce livre a influencé Rousseau, Pétrarque, Kierkegaard, et des millions de lecteurs anonymes.

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    Hippone : l'évêque malgré lui

    En 391, Augustin se rend à Hippone Régius (l'actuelle Annaba, Algérie) avec l'intention d'y fonder un monastère tranquille. Mais la communauté chrétienne locale, qui cherche un prêtre, le reconnaît dans l'assemblée et l'acclame, il est ordonné de force, en larmes. Quatre ans plus tard, il devient évêque. Il le restera jusqu'à sa mort, trente-cinq ans plus tard. D'Hippone, ce modeste port africain, Augustin gouverne son diocèse, rédige des centaines de sermons, combat les hérésies donatiste et pélagienne, et produit une œuvre colossale. C'est là qu'il écrira la *Cité de Dieu*, son traité le plus ambitieux, et là qu'il mourra en 430, pendant que les Vandales assiègent la ville.

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    La Cité de Dieu, réponse à la chute de Rome

    En 410, l'impensable se produit : Rome est saccagée par les Wisigoths d'Alaric. Le choc est immense, Rome était éternelle, disait-on. Les païens accusent les chrétiens d'avoir affaibli l'Empire en détournant les citoyens des vieux dieux. Augustin répond par un monument de vingt-deux livres rédigés sur quinze ans : *La Cité de Dieu* (*De Civitate Dei*). Il y développe une philosophie de l'histoire sans précédent : il existe deux cités, celle des hommes fondée sur l'amour de soi, et la cité de Dieu fondée sur l'amour divin. L'Empire romain n'est pas la cité de Dieu, aucune puissance terrestre ne l'est. Cette idée va révolutionner la pensée politique médiévale et poser les bases conceptuelles de la séparation entre pouvoir temporel et spirituel.

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    L'héritage : quinze siècles d'Augustin

    Augustin meurt le 28 août 430 à Hippone, pendant le siège vandale, à 75 ans. Il laisse une œuvre considérable : plus de cinq millions de mots, dont les *Confessions*, la *Cité de Dieu*, le *De Trinitate*, des centaines de sermons et de lettres. Canonisé, déclaré Docteur de l'Église, son influence traverse toutes les fractures de l'histoire occidentale. Thomas d'Aquin le cite en permanence, Luther le dévore, Pascal en fait son auteur de chevet, Hannah Arendt lui consacre sa thèse de doctorat sur l'amour. Sa formule *'notre cœur est sans repos jusqu'à ce qu'il repose en toi'*, première ligne des *Confessions*, reste l'une des phrases les plus citées de la littérature mondiale. Un homme né dans un village africain sous l'Empire romain a façonné la manière dont l'Occident pense le temps, la mémoire, la liberté, le mal et l'amour.

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En quelle année Augustin d'Hippone meurt-il pendant le siège de sa ville par les Vandales ?

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