ParcoursAntigua-et-Barbuda, l'archipel secret
Antigua-et-Barbuda, l'archipel secret

Antigua-et-Barbuda, l'archipel secret

ColonisationCaraïbesîlePetits États insulaires
Mode virtuel7 étapes

Deux îles, 365 plages, et des siècles d'histoire cachés sous le soleil des Caraïbes. Partez à la découverte d'un petit État insulaire aux grandes ambitions.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Les premiers habitants : les Arawaks

    Bien avant l'arrivée des Européens, les îles d'Antigua et Barbuda étaient habitées par des peuples amérindiens. Les Arawaks (ou Taïnos) s'y installèrent vers 2400 avant J.-C., vivant de pêche, d'agriculture et de céramique. Leur civilisation prospéra pendant des millénaires avant d'être bouleversée par l'arrivée des Caraïbes, puis des Espagnols. Le site archéologique de Dow's Hill, à Antigua, témoigne encore de leur présence avec des vestiges de villages et d'outils en pierre polie. Ces premiers habitants ont laissé des traces discrètes mais indélébiles dans l'identité profonde de l'archipel.

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    Christophe Colomb et l'île baptisée

    En 1493, lors de son deuxième voyage vers les Amériques, Christophe Colomb aperçoit une île verdoyante et la nomme 'Antigua', en hommage à la Vieille Santa María la Antigua, une église de Séville. Colomb ne s'y arrête pas longtemps : l'île manque d'eau douce facilement accessible, et il poursuit sa route. Barbuda, quant à elle, est aperçue et baptisée selon certains récits, mais reste longtemps ignorée des Européens. Ce passage rapide suffit pourtant à inscrire ces îles dans les cartes coloniales européennes pour des siècles. L'acte de nommer un lieu, c'est déjà commencer à en revendiquer la possession.

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    English Harbour et l'amiral Nelson

    Au sud d'Antigua se trouve English Harbour, un port naturel exceptionnel qui devint au XVIIIe siècle la principale base navale britannique dans les Caraïbes. C'est là que le jeune Horatio Nelson, alors âgé d'à peine 26 ans, prit le commandement du chantier naval entre 1784 et 1787. Il y fit appliquer avec zèle les lois sur la navigation, s'aliénant de nombreux marchands locaux mais construisant sa réputation de militaire rigoureux. Aujourd'hui restauré, le site est connu sous le nom de Nelson's Dockyard et classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2016. Il reste l'un des seuls chantiers navals de l'ère georgienne encore en activité dans le monde.

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    L'esclavage et la canne à sucre

    Dès le XVIIe siècle, les colons britanniques transforment Antigua en une immense plantation de canne à sucre, l'une des plus rentables de tout l'Empire colonial. Pour faire tourner cette machine économique, des dizaines de milliers d'Africains sont arrachés à leur continent et réduits en esclavage sur l'île. À son apogée, on dénombrait plus de 150 moulins à vent sur l'île d'Antigua, utilisés pour broyer la canne. L'abolition de l'esclavage en 1834 dans l'Empire britannique ne libéra pas immédiatement les esclaves d'Antigua : ils furent soumis à un système d'"apprentissage" qui dura jusqu'en 1838. Aujourd'hui, le 1er août est fêté comme le Jour de l'Émancipation, fête nationale et moment de mémoire collective.

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    L'indépendance de 1981

    Le 1er novembre 1981, Antigua-et-Barbuda devient officiellement un État indépendant, après plus de trois siècles de domination britannique. L'indépendance est proclamée à St. John's, la capitale, sous la direction du Premier ministre Vere Cornwall Bird, figure du mouvement syndical et nationaliste depuis les années 1940. Le pays choisit de rester membre du Commonwealth et de conserver le roi d'Angleterre comme chef d'État symbolique, représenté par un gouverneur général. Barbuda, l'île voisine presque déserte, intégra le nouvel État non sans tensions : les Barbudiens revendiquaient depuis longtemps une identité distincte et une plus grande autonomie. Aujourd'hui, le drapeau aux couleurs noir, blanc, bleu et or représente le soleil levant sur la mer des Caraïbes, symbole d'une aurore nationale.

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    Le cricket, religion nationale

    Dans les Caraïbes anglophones, le cricket n'est pas un sport : c'est une identité. Antigua-et-Barbuda a donné au monde l'un des plus grands batteurs de l'histoire : Vivian Richards, né à St. John's en 1952, surnommé 'The Master Blaster'. Richards a représenté les West Indies (une équipe commune à plusieurs nations caribéennes) et reste l'un des seuls joueurs à n'avoir jamais porté de casque en match international, affirmant faire face aux lancers à la seule force de son regard. Le stade qui porte son nom à St. John's peut accueillir 10 000 spectateurs, soit un dixième de la population totale du pays. Jouer au cricket à Antigua, c'est perpétuer un acte à la fois colonial dans ses origines et parfaitement subverti dans sa pratique.

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    Récifs, climat et avenir menacé

    Antigua-et-Barbuda est en première ligne de la crise climatique : ses côtes basses et ses récifs coralliens sont directement menacés par la montée des eaux et le réchauffement des océans. En septembre 2017, l'ouragan Irma, l'un des plus puissants jamais enregistrés dans l'Atlantique, ravage Barbuda en quelques heures. 95 % des bâtiments de l'île sont détruits et les 1 800 habitants sont évacués vers Antigua, vidant Barbuda de toute sa population pour la première fois depuis 300 ans. Au lendemain de la catastrophe, le Premier ministre Gaston Browne s'est rendu à l'ONU pour dénoncer l'inaction des grandes puissances polluantes, devenant l'une des voix les plus incisives du mouvement des petits États insulaires. Antigua-et-Barbuda n'émet que 0,0001 % des émissions mondiales de CO2, mais paye le prix fort des erreurs des autres.

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