Téhéran, cœur de la Perse moderne
Des bazars millénaires aux gratte-ciel contemporains, Téhéran raconte l'Iran comme nulle autre ville. Embarquez pour un voyage au croisement de l'Histoire et de la modernité.
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Village devenu capitale
Avant de devenir une mégapole de 17 millions d'habitants, Téhéran n'était qu'un modeste bourg agricole au pied des monts Alborz. Les géographes arabes médiévaux la mentionnent dès le Xe siècle, mais la ville reste dans l'ombre de Rayy, sa puissante voisine. C'est la conquête mongole du XIIIe siècle qui détruit Rayy et pousse les habitants vers Téhéran. Le vrai tournant arrive en 1786 : Agha Mohammad Khan, fondateur de la dynastie Qajar, choisit Téhéran comme capitale de l'Iran, un statut qu'elle conserve jusqu'à aujourd'hui.
- 2
Le Grand Bazar de Téhéran
Au cœur de la ville ancienne s'étend l'un des plus grands bazars couverts du monde : plus de 10 kilomètres de galeries labyrinthiques abritent des milliers de boutiques, ateliers, mosquées, banques et caravansérails. Fondé à l'époque safavide et agrandi sous les Qajars, le Grand Bazar est le poumon économique de l'Iran depuis des siècles. Il joue aussi un rôle politique considérable : en 1906, ses marchands soutiennent la Révolution constitutionnelle qui contraint le shah à limiter son pouvoir. En 1979, les commerçants du bazar ferment boutique pour manifester, un signal décisif dans la chute du régime Pahlavi.
- 3
Le Palais du Golestan
Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2013, le complexe du Golestan (« jardin des roses ») est le joyau architectural de la Téhéran qajar. Ses salles aux murs incrustés de milliers de miroirs brisés, ses faïences bleues et ses trônes incrustés de pierres précieuses témoignent d'un art persan au sommet de sa sophistication. C'est ici que les shahs recevaient leurs hôtes étrangers, ambassadeurs européens fascinés par ce mélange baroque d'Orient et d'Occident. Le palais abrite aussi la célèbre « Salle du Trône » où fut prise la première photographie officielle d'un souverain iranien, Nasser el-Din Shah, grand amateur de photographie.
- 4
La Conférence de Téhéran, 1943
En novembre 1943, Téhéran devient le centre du monde : Roosevelt, Churchill et Staline s'y retrouvent pour leur première rencontre au sommet des Trois Grands. C'est la Conférence de Téhéran. Ils y décident du débarquement en Normandie pour 1944, esquissent les grandes lignes de l'après-guerre et divisent officieusement le monde en zones d'influence. Pour l'Iran, la réalité est brutale : le pays est occupé conjointement par les Britanniques au sud et les Soviétiques au nord depuis 1941, sous prétexte de sécuriser les routes d'approvisionnement. Téhéran, ville choisie pour sa « neutralité », n'est en réalité neutre en rien.
- 5
La Révolution de 1979
En février 1979, une révolution populaire renverse Muhammad Reza Shah Pahlavi, monarque soutenu par les États-Unis depuis le coup d'État de 1953. L'ayatollah Khomeini, rentré d'exil le 1er février, prend la tête d'une République islamique, la première du genre dans le monde moderne. Téhéran est l'épicentre de cette transformation : les rues se remplissent de millions de manifestants, la radio diffuse les discours enregistrés de Khomeini, et les murs se couvrent de fresques révolutionnaires qui ornent encore la ville aujourd'hui. La révolution change non seulement l'Iran, mais toute la géopolitique du Moyen-Orient.
- 6
Milad, tour du XXIe siècle
Inaugurée en 2008, la Tour Milad culmine à 435 mètres et s'impose comme la quatrième plus haute tour de télécommunication du monde. Son sommet accueille un restaurant panoramique, une salle de conférence et une plateforme d'observation d'où l'on aperçoit, par temps clair, les sommets enneigés de l'Alborz à moins de 50 kilomètres. La tour est devenue le symbole architectural de la Téhéran contemporaine, une ville qui revendique sa place dans la modernité mondiale tout en portant le poids de son histoire révolutionnaire. Elle a été le décor de films, de clips et de selfies de millions de visiteurs iraniens.
- 7
Téhéran et le cinéma iranien
Depuis les années 1990, le cinéma iranien s'est imposé comme l'une des grandes voix du cinéma mondial, et Téhéran en est le centre névralgique. Des réalisateurs comme Abbas Kiarostami, Asghar Farhadi ou Jafar Panahi ont tourné dans ses rues, ses appartements ordinaires, ses taxis coincés dans les embouteillages légendaires. Farhadi a remporté deux Oscars du meilleur film en langue étrangère (2012 pour 'Une séparation' et 2017 pour 'Le Client'), une performance unique pour un cinéaste non-anglophone. Ce cinéma téhéranais filme les contradictions de la société iranienne avec une précision qui touche des spectateurs sur tous les continents.
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