ParcoursSimón Bolívar, le Libérateur
Simón Bolívar, le Libérateur

Simón Bolívar, le Libérateur

personnage historiqueAmérique latineexilla résistancele deuilindépendancedémesureXIXe siècle
Mode virtuel7 étapes

De Caracas aux Andes, suivez l'homme qui a libéré un continent. Un destin hors du commun, entre génie militaire et rêves brisés.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Caracas, l'enfance d'un aristocrate

    Simón Bolívar naît le 24 juillet 1783 à Caracas, dans une famille créole parmi les plus riches du Venezuela colonial. Orphelin de père à trois ans, puis de mère à neuf ans, il grandit entouré d'esclaves, de précepteurs et d'une fortune immense héritée de mines d'or et de plantations de cacao. C'est son précepteur Simón Rodríguez qui lui fait découvrir Rousseau et les idées des Lumières, semant les graines d'un idéal révolutionnaire. Rien, dans ce berceau doré, ne laisse encore présager que cet enfant orphelin allait un jour libérer un continent.

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    Le serment de Rome, 1805

    En 1799, le jeune Bolívar part en Europe pour parfaire son éducation à Madrid, où il tombe amoureux et se marie à dix-neuf ans. Mais sa femme meurt de la fièvre jaune à Caracas, neuf mois après leur retour, et Bolívar jure de ne jamais se remarier. Il repart en Europe, hanté par ce deuil, et c'est au Monte Sacro de Rome, en août 1805, qu'il prononce un serment retentissant devant son précepteur Rodríguez. Debout sur la colline sacrée, il jure de ne pas donner de repos à son bras ni à son âme avant d'avoir brisé les chaînes coloniales espagnoles en Amérique. Ce serment, prononcé dans la ville de César et de Brutus, deviendra le mythe fondateur de toute sa vie politique.

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    La campagne admirable, 1813

    En 1813, après plusieurs défaites et un exil à Carthagène, Bolívar lance depuis la Nouvelle-Grenade une campagne militaire d'une audace stupéfiante. En moins de trois mois, avec une armée de quelques centaines d'hommes à peine, il traverse les Andes, remonte la vallée du Magdalena et entre en vainqueur dans Caracas le 6 août 1813. Cette "Campaña Admirable" reste l'une des opérations militaires les plus rapides et spectaculaires de l'histoire d'Amérique latine. C'est à cette occasion que les Vénézuéliens lui décernent pour la première fois le titre de "Libertador", le Libérateur. Mais la victoire est fragile : une guerre civile sanglante, la "Guerre à mort" qu'il a lui-même proclamée, transforme bientôt le Venezuela en champ de ruines.

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    Boyacá : l'indépendance de la Colombie

    En 1819, Bolívar accomplit ce que ses adversaires jugeaient impossible : traverser les Andes en pleine saison des pluies avec 2 500 soldats, dont beaucoup de mercenaires irlandais et britanniques engagés après les guerres napoléoniennes. Après des semaines de marche dans le froid glacial des páramos d'altitude, son armée affronte les troupes royalistes à Boyacá, dans l'actuelle Colombie, le 7 août 1819. La bataille dure à peine deux heures : les royalistes sont défaits, leur commandant capturé, et la route de Bogotá est ouverte. Trois jours plus tard, Bolívar entre dans Bogotá sous des acclamations délirantes. Cette victoire scelle l'indépendance de la Nouvelle-Grenade et permet à Bolívar de proclamer la République de Grande Colombie quelques mois plus tard.

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    La Grande Colombie, un rêve continental

    En décembre 1819, au Congrès d'Angostura, Bolívar proclame la République de Grande Colombie, unissant l'actuelle Colombie, le Venezuela, l'Équateur et le Panama sous une seule bannière. C'est l'apogée de son rêve politique : une grande nation hispano-américaine unie, capable de résister aux puissances européennes et à la montée en puissance des États-Unis. Bolívar en devient le président et promeut une constitution originale, avec un exécutif fort et un "Pouvoir Moral" chargé de l'éducation civique des citoyens. Mais les rivalités régionales, les ambitions des caudillos locaux et les distances immenses rendent l'union ingérable. Dès 1826, des soulèvements éclatent au Venezuela, et la Grande Colombie commence à se fissurer sous le poids de ses propres contradictions.

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    Lima et la libération du Pérou

    En 1821, Bolívar reçoit l'invitation du général argentin José de San Martín, qui a déjà libéré le Chili et une partie du Pérou, pour achever ensemble la libération du continent. Lors de la mystérieuse entrevue de Guayaquil en juillet 1822, les deux plus grands libérateurs d'Amérique du Sud se rencontrent pour la seule et unique fois. Personne ne sait exactement ce qui fut dit : San Martín repart en silence, abandonne le Pérou à Bolívar et s'exile en Europe sans jamais s'expliquer publiquement. Bolívar prend alors la tête des opérations et remporte la bataille décisive d'Ayacucho le 9 décembre 1824, mettant fin à trois siècles de domination espagnole en Amérique du Sud. Il est alors à l'apogée de sa gloire : président de la Grande Colombie, dictateur du Pérou, et bientôt fondateur de la Bolivie.

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    Santa Marta : la fin solitaire

    En 1828, Bolívar échappe de justesse à un attentat à Bogotá : sa maîtresse Manuela Sáenz le sauve en le faisant fuir par une fenêtre pendant qu'elle retient les conspirateurs. Mais la Grande Colombie s'effondre autour de lui : le Venezuela fait sécession en 1829, l'Équateur suit, et ses anciens compagnons d'armes le trahissent les uns après les autres. Bolívar démissionne de la présidence en mai 1830, épuisé, désillusionné, et gravement malade d'une tuberculose qui le ronge depuis des années. Il part vers l'exil en Europe mais n'a pas la force d'atteindre le bateau. Il meurt le 17 décembre 1830 dans la quinta San Pedro Alejandrino, près de Santa Marta en Colombie, à quarante-sept ans, presque sans le sou, oublié de ceux qu'il avait libérés. Sa dernière phrase, selon la légende : "Labourez la mer."

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