
Le Cap : au bout du monde
Plongez dans l'histoire tumultueuse du Cap, carrefour mythique entre deux océans, berceau de cultures et de conquêtes.
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Bartolomeu Dias : le cap de la peur
En 1488, le navigateur portugais Bartolomeu Dias est le premier Européen à doubler la pointe sud de l'Afrique, ouvrant la route maritime vers l'Asie. La mer était si déchaînée lors de son passage qu'il baptisa l'endroit « Cap des Tempêtes ». C'est le roi Jean II du Portugal qui rebaptisa le lieu « Cap de Bonne-Espérance », jugeant que ce nom inspirait davantage confiance aux futurs navigateurs. Ce changement de nom est presque une opération de communication royale avant l'heure. Dias lui-même mourut en mer douze ans plus tard, lors d'une autre expédition vers l'Afrique du Sud.
- 2
Jan van Riebeeck fonde une escale
En 1652, le médecin et commerçant néerlandais Jan van Riebeeck débarque au Cap avec une mission simple : créer une station de ravitaillement pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC). Il ne s'agissait pas de coloniser, mais juste de planter des légumes frais pour les marins souffrant du scorbut. L'idée de départ était modeste, un potager et quelques entrepôts. Mais très vite, des colons s'installèrent, des esclaves furent importés d'Asie, d'Afrique de l'Est et de Madagascar, et ce qui devait être un simple arrêt de ravitaillement devint la première ville européenne d'Afrique subsaharienne. Van Riebeeck quitta le Cap dix ans plus tard, sans imaginer les siècles d'histoire qu'il venait de déclencher.
- 3
Table Mountain, gardienne du Cap
La Table Mountain domine Le Cap de ses 1 086 mètres de haut, avec son sommet remarquablement plat comme une nappe de pierre. Les géologues estiment que cette roche grésière a environ 600 millions d'années, ce qui en fait l'une des plus vieilles formations visibles sur Terre. Une nappe de nuages recouvre régulièrement le sommet, les habitants l'appellent « la nappe de la montagne », selon la légende du diable et du pirate Van Hunks qui jouaient aux cartes en fumant la pipe. La montagne est l'un des rares sites naturels à avoir été inclus dans la liste des nouvelles Sept Merveilles de la Nature en 2011. Elle abrite aussi une flore unique : le « fynbos », un écosystème de bruyères et de protéas que l'on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre.
- 4
Robben Island : prison et symbole
Au large du Cap, à seulement 12 kilomètres de la côte, se trouve Robben Island, une île qui fut pendant des siècles le lieu d'enfermement des personnes jugées indésirables par les pouvoirs en place. Les colonisateurs néerlandais y exilèrent des chefs africains et asiatiques dès le XVIIe siècle. Mais c'est au XXe siècle que l'île devint mondialement célèbre : Nelson Mandela y passa 18 de ses 27 années de prison, de 1964 à 1982. Dans sa cellule de 2,4 mètres sur 2,1 mètres, il continua à étudier, à réfléchir, à écrire. En 1999, l'île fut classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Aujourd'hui, les visites sont souvent guidées par d'anciens prisonniers politiques, ce qui en fait l'une des expériences les plus saisissantes qu'un voyageur puisse vivre.
- 5
District Six : mémoire effacée
District Six était un quartier vivant et métissé du Cap, habité depuis le XIXe siècle par des anciens esclaves libérés, des immigrants, des artisans et des musiciens de toutes origines. En 1966, le gouvernement d'apartheid le déclara « zone blanche » et expulsa de force plus de 60 000 habitants, qui furent relocalisés dans des townships éloignés. Les maisons furent rasées. Mais quelque chose résista : les habitants gardèrent leurs clés, leurs photos, leurs plans d'appartements. Aujourd'hui, le Musée du District Six recueille ces mémoires fragmentées et reste l'un des témoignages les plus émouvants de l'apartheid. Après 1994, des restitutions de terres ont commencé, lentes, imparfaites, mais réelles.
- 6
Bo-Kaap : couleurs et résistance
Perché sur les pentes du Signal Hill, le quartier de Bo-Kaap est l'un des plus photographiés du Cap, et pour cause : ses maisons aux façades peintes en rose, jaune, vert et bleu cobalt tranchent joyeusement avec le ciel. Ce quartier est le berceau de la communauté malayo-cap, descendants d'esclaves et d'exilés musulmans venus d'Asie du Sud-Est dès le XVIIe siècle. Ces habitants parlent l'afrikaans le plus ancien de toute l'Afrique du Sud, et leur cuisine, curries parfumés, koesisters au sirop, bobotie épicé, constitue l'une des grandes identités gastronomiques du pays. Pendant l'apartheid, Bo-Kaap fut l'une des rares zones à statut « coloured » qui échappa à la démolition totale. Les couleurs vives des maisons ne sont pas anciennes : selon la tradition locale, elles furent peintes après la fin de l'apartheid, pour célébrer la liberté retrouvée.
- 7
Le Cap, capitale mondiale de la démocratie ?
En février 1990, Nelson Mandela sortit libre de prison et prononça son premier discours depuis le balcon de l'Hôtel de Ville du Cap, devant une foule en délire. Quatre ans plus tard, en 1994, l'Afrique du Sud organisa ses premières élections démocratiques, les premières où tous les citoyens, quelle que soit leur couleur de peau, pouvaient voter. Mandela fut élu président, et Le Cap devint le siège du Parlement national. Aujourd'hui, la ville est l'une des rares au monde à abriter un Parlement dans un cadre aussi spectaculaire, entre océan et montagne. Mais Le Cap reste aussi l'une des villes les plus inégalitaires du monde : les townships de Khayelitsha et de Mitchell's Plain, avec leurs millions d'habitants, rappellent que la réconciliation est un chemin encore long.
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En quelle année Jan van Riebeeck fonda-t-il l'établissement du Cap pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales ?
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