Honduras, cœur de l'Amérique centrale
Des pyramides mayas aux forêts nuageuses, le Honduras cache des trésors insoupçonnés. Partez à la découverte d'un pays qui a façonné l'histoire du continent américain.
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Copán, la perle maya
Copán est l'un des sites archéologiques mayas les plus remarquables du monde, situé à l'ouest du Honduras, près de la frontière guatémaltèque. Fondée vers le IIe siècle, la cité a atteint son apogée entre le Ve et le IXe siècle, abritant peut-être 20 000 habitants à son sommet. Elle est surtout célèbre pour ses stèles sculptées et son Escalier hiéroglyphique, qui constitue le plus long texte en glyphes mayas jamais découvert, avec 2 200 glyphes gravés sur 63 marches. Copán fut inscrite au Patrimoine mondial de l'UNESCO en 1980, parmi les premiers sites du continent américain à recevoir cette distinction.
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Tegucigalpa, capitale improbable
Tegucigalpa est l'une des rares capitales au monde à ne pas être accessible par voie ferrée et à ne posséder aucun fleuve navigable en son centre. Fondée en 1578 comme camp minier espagnol, son nom proviendrait du nahuatl et signifierait probablement "collines d'argent", en référence aux mines qui ont fait sa fortune coloniale. Elle ne devint officiellement capitale du Honduras qu'en 1880, supplantant la ville de Comayagua qui avait exercé ce rôle pendant plus de deux siècles. Aujourd'hui, elle forme avec sa ville jumelle Comayagüela une métropole de plus de 1,2 million d'habitants, accrochée à ses collines à plus de 1 000 mètres d'altitude.
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La Guerre du Football, 1969
En juillet 1969, le Honduras et El Salvador se livrèrent une guerre de quatre jours qui restera dans l'histoire sous le nom de "Guerre du Football" ou "Guerre de Cent Heures". Le déclencheur immédiat fut une série de matches de qualification pour la Coupe du monde 1970, au cours desquels des violences éclatèrent entre supporters des deux nations. Mais les vraies causes étaient bien plus profondes : des tensions foncières liées à l'immigration massive de paysans salvadoriens au Honduras, dans un contexte de surpopulation et de réforme agraire avortée. Le conflit fit entre 2 000 et 6 000 morts et déplaça quelque 100 000 personnes, avant d'être arrêté par l'Organisation des États Américains après 100 heures de combats.
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La Mosquitia, dernier Eden
La Mosquitia est l'une des dernières grandes forêts tropicales vierges d'Amérique centrale, couvrant environ 83 000 km² à l'est du Honduras et mordant sur le Nicaragua voisin. Cette région quasi inaccessible abrite des populations indigènes comme les Miskitos, les Pech et les Tawahkas, certaines d'entre elles encore partiellement isolées du reste du pays. En 2015, une expédition scientifique y a découvert une cité indigène précolombienne enterrée sous la jungle, baptisée "Cité du Dieu Singe" par les médias, un ensemble de structures monumentales inconnues jusqu'alors. La Mosquitia est également un corridor de biodiversité exceptionnel, abritant des jaguars, des tapirs et plusieurs centaines d'espèces d'oiseaux endémiques.
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Les îles de la Baie, trésor des Caraïbes
Les îles de la Baie (Islas de la Bahía) sont un archipel hondurien de la mer des Caraïbes, composé de trois îles principales : Roatán, Utila et Guanaja, ainsi que de dizaines d'îlots. Elles sont situées au-dessus du deuxième plus grand récif corallien du monde, la Mésoaméricaine Barrier Reef, ce qui en fait l'une des meilleures destinations de plongée sous-marine sur la planète. Historiquement, les îles furent d'abord habitées par les Pech, puis colonisées par les Britanniques qui y installèrent des Garifunas, descendants d'Africains et d'Amérindiens Arawaks déportés de l'île de Saint-Vincent en 1797. Aujourd'hui, une grande partie de la population locale parle encore anglais, héritage direct de cette colonisation britannique qui s'est prolongée jusqu'au XIXe siècle.
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Francisco Morazán, héros d'un rêve brisé
Francisco Morazán (1792-1842) est le grand héros national hondurien, figure majeure de l'histoire centraméricaine et visionnaire politique dont le rêve n'a jamais abouti. Né à Tegucigalpa, il fut le principal artisan et président de la République Fédérale d'Amérique Centrale (1830-1839), une union des cinq États issus de l'indépendance espagnole qui ambitionnait de devenir une grande nation comparable aux États-Unis. Morazán était un libéral convaincu : il abolit la peine de mort, institua le mariage civil, légalisa le divorce et tenta d'instaurer la liberté de la presse, des réformes inouïes pour l'époque en Amérique latine. Il fut renversé par une coalition de forces conservatrices et religieuses, et fusillé au Costa Rica en 1842. Son rêve fédéral ne s'est jamais reconstitué.
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Les bananes et les "Banana Republics"
Au tournant du XXe siècle, deux compagnies américaines, la United Fruit Company et la Standard Fruit Company, prirent le contrôle d'immenses pans de l'économie hondurienne en y développant des plantations bananières industrielles. En échange de concessions de terres et d'exemptions fiscales massives, ces compagnies construisirent des chemins de fer, des ports et des villes entières, créant une économie de plantation qui liait le destin du Honduras à celui du marché américain. L'expression "Banana Republic" fut inventée par l'écrivain américain O. Henry en 1904, précisément en référence au Honduras, pour décrire un État dont la souveraineté était compromise par des intérêts économiques étrangers. Cette dépendance économique structurelle a eu des effets durables sur la politique hondurienne : les États-Unis intervinrent militairement à plusieurs reprises pour protéger leurs intérêts bananiers, notamment en 1910 et 1924.
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