ParcoursTurkménistan, l'énigme du désert
Turkménistan, l'énigme du désert

Turkménistan, l'énigme du désert

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Mode virtuel7 étapes

Au carrefour des civilisations et des routes de la soie, le Turkménistan cache des merveilles étonnantes. Partez à la découverte d'un pays aussi fascinant que mystérieux.

Carte du parcours

Étapes du parcours

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    Merv, la perle oubliée de la soie

    Merv est l'une des plus anciennes et des plus grandes cités de l'Asie centrale, habitée sans interruption depuis le VIe siècle avant notre ère. Située dans l'actuel Turkménistan, elle fut à son apogée médiévale l'une des villes les plus peuplées du monde, rivalisant avec Bagdad et Constantinople. Carrefour de la Route de la soie, elle accueillit marchands, savants et artistes de toutes origines, brassant cultures persane, arabe et turque. En 1221, les armées de Gengis Khan la rasèrent si complètement que les chroniqueurs de l'époque estimèrent à plus d'un million le nombre de victimes. Aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'ancienne Merv n'est plus qu'un vaste champ de ruines silencieuses, vestige poignant d'une splendeur engloutie.

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    La porte de l'Enfer de Darvaza

    Au milieu du désert de Karakoum, une fosse de 70 mètres de diamètre crache des flammes sans discontinuer depuis des décennies : c'est le cratère de Darvaza, surnommé 'la porte de l'Enfer'. En 1971, des géologues soviétiques forèrent le sol en quête de gaz naturel, déclenchant l'effondrement du terrain en un immense cratère rempli de méthane. Pour éviter les émanations toxiques, ils décidèrent d'enflammer le gaz, pensant qu'il brûlerait en quelques semaines. Le feu brûle toujours. Plus de cinquante ans plus tard, personne n'a jamais éteint la flamme. En 2010, le président Berdimuhamedov ordonna officiellement de l'éteindre, jugeant qu'elle gaspillait des ressources précieuses. L'ordre ne fut jamais exécuté.

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    Achgabat, la ville de marbre blanc

    Achgabat, la capitale du Turkménistan, est l'une des villes les plus étranges et les plus spectaculaires du monde. Depuis l'indépendance en 1991, deux présidents successifs ont transformé la ville en un délire architectural de marbre blanc, d'or et de fontaines gigantesques. En 2013, Achgabat a battu le record mondial Guinness du plus grand nombre de bâtiments en marbre blanc par kilomètre carré. Les avenues sont immenses et désertes, les immeubles ressemblent à des palais d'apparat, et des statues dorées tournent mécaniquement pour faire face au soleil. Pour ses habitants, cette ville-décor est à la fois une fierté nationale et un quotidien déconcertant : la vitrine du pouvoir turkmène, visible depuis l'espace, mais peu adaptée à la vie ordinaire.

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    Niyazov, le président-prophète

    Saparmyrat Niyazov, surnommé Turkmenbashi (le 'chef de tous les Turkmènes'), dirigea le Turkménistan de l'indépendance en 1991 jusqu'à sa mort en 2006, avec un culte de la personnalité parmi les plus extravagants du monde moderne. Il renomma les mois de l'année en leur donnant ses propres prénoms et ceux de sa famille, interdit les opéras et les cirques au nom de la 'culture nationale', et fit installer des portraits de lui dans chaque espace public, jusqu'à l'intérieur des avions. Il écrivit un livre, le Ruhnama (le 'Livre de l'Âme'), et le rendit obligatoire dans les écoles, les universités et même les examens de permis de conduire. Une statue dorée de 12 mètres à son effigie trônait sur un piédestal rotatif au centre d'Achgabat, tournant pour toujours faire face au soleil. Niyazov avait pourtant interdit les lèvres dorées sur les dents, estimant que cela trahissait un manque de santé nationale.

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    Le désert de Karakoum

    Le Karakoum, dont le nom signifie 'sables noirs' en turcique, est l'un des plus grands déserts du monde, couvrant près de 350 000 km² : soit les deux tiers du territoire turkmène. Contrairement à l'image classique du désert de dunes dorées, le Karakoum est en grande partie un désert d'argile et de saxaouls, arbres résistants à la sécheresse qui stabilisent les sables. L'URSS y creusa dans les années 1950 le Grand Canal du Karakoum, l'un des plus longs canaux d'irrigation du monde (1 375 km), pour apporter l'eau de l'Amou-Daria jusqu'aux terres arides. Ce canal permit l'essor du coton, mais contribua massivement à l'assèchement de la mer d'Aral, l'une des pires catastrophes écologiques du XXe siècle. Le Karakoum reste aujourd'hui un espace quasi vide d'hommes, habité seulement par quelques éleveurs nomades et une faune adaptée à l'extrême, des scorpions aux gazelles de Mongolie.

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    Kounya-Ourguentch, la cité des savants

    Avant que Merv ne rayonne, une autre cité turkmène était au cœur du monde islamique médiéval : Ourguentch (ou Gurganj), aujourd'hui connue sous le nom de Kounya-Ourguentch et classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Capitale du puissant empire du Khwarezm aux XIIe et XIIIe siècles, elle produisit des esprits parmi les plus brillants de son temps, dont Al-Biruni, encyclopédiste universel, et Al-Khawarizmi, mathématicien dont le nom a donné le mot 'algorithme'. La ville fut, elle aussi, dévastée par les Mongols en 1221, puis de nouveau par Tamerlan en 1388, ne laissant debout que quelques minarets et mausolées d'une beauté austère. Son minaret du XIe siècle, haut de 60 mètres, est l'un des plus beaux exemples de brique travaillée de tout le monde islamique. Le nom d'Al-Khawarizmi, natif de la région, est passé dans toutes les langues du monde sous la forme du mot 'algorithme' : un héritage scientifique venu du désert turkmène.

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    La neutralité permanente turkmène

    En 1995, le Turkménistan devint le premier pays du monde à se voir reconnaître le statut de 'neutralité permanente' par l'Assemblée générale des Nations unies. Ce statut, calqué sur le modèle suisse mais adopté bien plus tard, signifie que le pays s'engage à ne rejoindre aucune alliance militaire, à ne pas participer à des conflits et à mener une politique étrangère strictement neutre. En pratique, cette neutralité a permis au Turkménistan de vendre son gaz naturel aussi bien à la Russie qu'à la Chine et à l'Iran, sans s'aligner politiquement sur aucun de ses voisins. Elle a aussi servi de justification pour maintenir le pays à l'écart des organisations régionales comme la CEI ou l'OCS, préservant un isolement que certains analystes jugent surtout favorable au maintien du régime autoritaire en place. Mais cette neutralité a aussi des aspects concrets : le Turkménistan a accueilli des négociations de paix pour l'Afghanistan et reste l'un des rares pays d'Asie centrale à entretenir des relations diplomatiques normales avec tous ses voisins.

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