Azerbaïdjan, au carrefour des mondes
Entre Orient et Occident, pétrole et poésie, feu sacré et tours ultramodernes. L'Azerbaïdjan vous réserve bien des surprises.
Carte du parcours
Étapes du parcours
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Bakou, la ville aux feux éternels
Bakou, capitale de l'Azerbaïdjan, est surnommée 'la Cité des Vents' mais aussi 'la Ville du Feu'. Son nom viendrait du persan 'Bâd-kube', qui signifie littéralement 'frappée par le vent'. La ville est bâtie sur une péninsule rocheuse qui s'avance dans la mer Caspienne, offrant un panorama saisissant entre vieilles murailles médiévales et tours de verre futuristes. La vieille ville d'Icheri Sheher, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, abrite la Tour de la Vierge, un monument millénaire dont la fonction exacte reste encore discutée. Bakou est aujourd'hui une mégapole en plein essor qui synthétise à elle seule les paradoxes du pays entier.
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L'Ateshgah, temple du feu sacré
À une vingtaine de kilomètres de Bakou, sur la péninsule d'Absheron, se dresse l'Ateshgah, le 'temple du feu'. Pendant des siècles, des flammes jaillissaient naturellement du sol en ce lieu, alimentées par les gaz souterrains qui imprègnent toute la région. Ces feux éternels ont attiré des pèlerins zoroastriens, hindous et sikhs, venus d'Inde et de Perse pour adorer ce que l'on considérait comme une manifestation divine. Le temple actuel, construit aux XVIIe-XVIIIe siècles, est un pentagone fortifié avec une flamme centrale et des cellules où les ascètes venaient méditer pendant des années. Aujourd'hui, le gaz naturel s'est tari dans le sous-sol local et la flamme est entretenue artificiellement, mais l'aura du lieu reste intacte.
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Le pétrole qui a changé le monde
À la fin du XIXe siècle, Bakou est devenue la capitale mondiale du pétrole, produisant à elle seule plus de la moitié de l'or noir extrait sur toute la planète. Les frères Nobel, oui, ceux qui ont donné leur nom au prix Nobel, ont bâti leur fortune ici, en révolutionnant le transport du pétrole par pipeline et par pétrolier. La famille Rothschild, elle aussi, s'est engouffrée dans l'aventure azerbaïdjanaise, rivalisant avec les Nobel pour contrôler les ressources de la Caspienne. Cette ruée vers l'or noir a transformé Bakou en ville cosmopolite, attirant ingénieurs, aventuriers et spéculateurs du monde entier. La décennie 1870-1880 a ainsi fait de Bakou l'une des premières villes industrielles modernes au monde, bien avant Houston ou Dubaï.
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Nizami, le prince des poètes
Nizami Gandjavi, né vers 1141 à Gandja, est le plus grand poète classique de la littérature azerbaïdjanaise et l'un des géants de la poésie persane médiévale. Son œuvre maîtresse, le 'Khamsa' (le Quintette), est un cycle de cinq poèmes épiques qui explore l'amour, la philosophie, l'éthique et la sagesse à travers des récits mythiques et historiques. Parmi ces poèmes, 'Layla et Majnun' a inspiré des générations d'artistes bien au-delà du monde islamique, jusqu'à Eric Clapton qui y a puisé l'inspiration pour une de ses chansons. Nizami était un homme cultivé, maîtrisant l'astronomie, les mathématiques et la médecine, ce qui transparaît dans la richesse encyclopédique de ses poèmes. Son image figure sur les billets de banque azerbaïdjanais, et la ville de Gandja lui rend un hommage permanent à travers son mausolée.
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Les tapis azerbaïdjanais, une langue tissée
Tisser un tapis en Azerbaïdjan, c'est écrire un texte dans une langue que seuls les initiés savent lire. Chaque motif, chaque couleur, chaque nœud raconte une histoire : la région d'origine du tisserand, son statut social, ses croyances, parfois même son deuil ou ses vœux de bonheur. Les tapis azerbaïdjanais se distinguent par leurs grandes écoles régionales : Tabriz, Karabakh, Shirvan, Gandja, chacune avec ses symboles et sa palette propres. En 2010, l'UNESCO a inscrit l'art du tissage des tapis azerbaïdjanais sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Le Musée national du Tapis de Bakou, construit en forme de tapis enroulé, est lui-même devenu une œuvre architecturale qui fait sensation sur les rives de la Caspienne.
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Üzeyir Hajibeyli, père de l'opéra oriental
En 1908, Üzeyir Hajibeyli crée à Bakou le premier opéra du monde islamique : 'Leyli et Majnun'. Cet exploit musical est d'autant plus remarquable qu'il réussit à fusionner les modes musicaux orientaux du mugham, une tradition vocale improvisée, avec la structure dramatique de l'opéra européen. Né en 1885 dans une famille cultivée de Shusha, ville surnommée 'le Conservatoire du Caucase', Hajibeyli a étudié la musique classique à Saint-Pétersbourg. Il a également composé 'Arshin Mal Alan', une opérette si populaire qu'elle a été traduite dans des dizaines de langues et filmée plusieurs fois. Hajibeyli est aussi l'auteur de l'hymne national azerbaïdjanais, dont la mélodie est reconnue comme l'une des plus belles parmi les hymnes du monde.
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Les Flame Towers, Bakou au XXIe siècle
En 2012, trois tours gigantiques en forme de flammes ont surgi du paysage de Bakou, immédiatement baptisées les 'Flame Towers'. Hautes de 160 à 190 mètres, entièrement recouvertes d'écrans LED, elles projettent chaque soir des animations lumineuses représentant des flammes, le drapeau azerbaïdjanais et des vagues. Ce projet architectural audacieux, conçu par le cabinet HOK, est devenu le symbole d'un pays qui revendique sa modernité tout en assumant son héritage de 'Pays du Feu'. Bakou a accueilli en 2012 le Concours Eurovision de la chanson, en 2015 les premiers Jeux européens de l'histoire, et en 2017 les championnats du monde de Formule 1. Cette stratégie de soft power par les grands événements internationaux est devenue la marque de fabrique d'une Azerbaïdjan qui cherche à se faire entendre sur la scène mondiale.
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En quelle année Üzeyir Hajibeyli a-t-il créé le premier opéra du monde islamique à Bakou ?
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